Anton Bruckner
sous la direction de P. Herreweghe
Le 19 novembre 2008
Loin d’être une biographie
détaillée comme on pourrait s’y attendre, cet ouvrage rassemble quelques textes
déjà parus sur la vie et l’œuvre d’Anton Bruckner, sous la direction de
Philippe Herreweghe. Ces textes évoquent la vie de Bruckner, privilégiant une
mise en relation avec le contexte social, historique et culturel en
Haute-Autriche et particulièrement en son centre, Vienne. Ils ne nous abreuvent
pas de détails, qui certes se révèlent importante quant à une bonne
compréhension de son « personnage », mais s’attachent davantage à sa
musique, sa réception parmi la critique acerbe d’alors, son univers.
Un large chapitre est réservé à
l’étude de ses symphonies, qui se trouvent être un vaste labyrinthe complexe.
Son auteur nous éclaire alors sur les influences, les circonstances de
compositions, son langage musical, son évolution personnelle, les remaniements
divers et variés et incessant de ces pages symphoniques. Si cette étude
analytique est la bienvenue, il en est de même pour sa discographie, passée au
peigne fin depuis les années 1920 jusqu’à aujourd’hui, qui nous révèle
l’omniprésence de Bruckner dans la vie musical d’aujourd’hui et sa remise à
l’honneur de ces si belles pages musicales
Levi-Strauss musicien, de Jean-Jacques Nattiez
Essai sur la tentation homologique (édition Actes Sud)
Le 8 octobre 2008
Jean-Jacques Nattiez, professeur
de musicologie est considéré comme un pionnier de la sémiologie musicale. Après
avoir publié différents ouvrages sur la musicologie, la sémiologie, et une
Encyclopédie pour le XXI° siècle, il livre avec son essai sur la tentation homologique une analyse admirative très
développée de l’œuvre de Levi-Strauss. En établissant une relation homologique
entre musique et mythe, Levi-Strauss expose l’une des motivations fondamentales
de toute son œuvre.
Levi-Strauss est un musicien ;
assez doué pour s’essayer à la composition et truffer ses ouvrages de
comparaisons musicales. S’il aime tant à comparer mythologie et musique c’est
que pour lui les deux touchent à l’immortalité ; un de ses grands concepts.
Avec son ouvrage, Jean-Jacques
Nattiez synthétise alors la réflexion levi-straussienne en rappelant que l’anthropologue
est le premier à reconnaître que Wagner est le père de l’analyse structurale
des mythes et qu’en poursuivant ses analyses il a réagit violemment à la
musique sérielle et la musique, engendrant de nombreux débats et le rejet de sa
pensée par de nombreux compositeurs contemporains, et cela même si Berio lui
rend hommage dans l’une de ses œuvres maîtresses et qu’il possède de nombreux points
communs avec Boulez. De même qu’en analysant le Boléro de Ravel, Levi-Strauss
devient le précurseur, d’une dizaine d’année, de la narratologie musicale.
En cherchant à cerner le rôle de
la musique dans l’édifice théorique et méthodologique de Levi-Strauss,
Jean-Jacques Nattiez dresse un bilan tantôt critique tantôt admiratif de l’œuvre
de l’anthropologue.
La Rose des Tudors, de Dominique Fernandez (édition Actes Sud)
Le 8 octobre 2008
La Rose des Tudors représente la
floraison musicale britannique allant de John Taverner à Adrien Batten
(compositeurs du XVI° siècle). Dominique Fernandez recense et évoque les musiques
les plus touchantes de ces compositeurs, nous faisant voyager au cœur du temps
et sentir l'importance de la voix à cette époque. Mais pas n'importe quelle
voix. La voix orphique, surnaturelle, divine. La voix des castrats !
L'auteur propose avec cet ouvrage
une approche sociologique et historique de la disparition de ces êtres
androgynes, s'attardant particulièrement sur l'Angleterre, célèbre pour ses colleges de mâles aux voix de femmes,
nous faisant assister par procuration aux concerts des chorales à Cambridge et
nous amenant aux compositeurs d'aujourd'hui, intrigués eux aussi par ces voix.
Ce livre est une passerelle
temporelle évoquant tour à tour Monteverdi, Rossini, Verdi, Britten, Purcell,
Blow et Peter Maxwell Davies, offrant un comparatif entre les diverses
maitrises européennes et proposant des études d'interprétations actuelles.
La Rose des Tudors, publiée pour
la première fois il y a une trentaine d'année, est aujourd'hui remaniée et
augmentée, où Dominique Fernandez établit un constat assez positif quant à
l'intérêt actuel du public pour ces voix de haute-contre qui, certes n'ont pas
la pureté et la magie de celles des castrats d'entant, continuent malgré tout
d'intriguer et de plaire.