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Carl Nielsen, Symphonie n°4 « Inextinguible »

 

La Symphonie, "Inextinguible" op. 29 est la quatrième symphonie, écrite par Carl Nielsen entre 1914 et 1916. Nielsen commence l'écriture en août 1914, au début de la Première Guerre mondiale, peu après avoir démissionné de ses fonctions de direction de l'orchestre royal de Copenhague. Son ambition première était d'écrire une œuvre peignant les forces de vies et les bienfaits de la nature. C’est pourquoi il lui donne le titre Inextinguible.

Cette symphonie de guerre eut une genèse longue et difficile. Nielsen termine la composition le 27 janvier 1916, soit cinq jours avant sa création (le 1er février 1916 sous la direction du compositeur, auprès d'un public choisi). La première, publique, eut lieu quelques semaines plus tard, le 14 avril 1916.

Afin de nous permettre de mieux comprendre sa démarche, Nielsen rédige une notice explicative :

« La musique est Vie : dès qu'une note isolée résonne dans l'air ou l'espace, c'est le résultat de la Vie et du mouvement. C'est pourquoi la musique est l'expression la plus sensible de la pulsion de Vie. Cette symphonie décrit les sources les plus primitives du flux vital et le bonheur de sa perception, c'est-à-dire, ce qui touche l'être humain, le monde animal et végétal comme il peut être perçu ou vécu. Cette musique n'est pas basée sur un programme décrivant son évolution dans un espace et un temps limité, mais un aperçu des couches émotionnelles vitales qui restent semi-chaotiques et primitives… La musique est la vie, comme elle, inextinguible. »

 

La quatrième Symphonie se compose de quatre mouvements et son exécution demande environ une bonne trentaine de minutes. Chaque partie est jouée en continu, sans rupture temporelle.

  1. Allegro

L’œuvre débute par un tutti d’une grande puissance, qui fait s’opposer deux groupes thématiques. Si le premier est chaotique, le second semble régner en paix. Les tonalités enchainent, passant de do mineur à ré mineur, puis la majeur. Le développement confronte les deux thèmes à force de crescendo successifs, de fortissimo, de pianissimo subito. Bref, ce premier mouvement est bel et bien conflictuel et la tension se résoudra dans le mouvement suivant.

  1. Poco allegretto

Ecrit dans la tonalité de Sol majeur, ce mouvement contraste fortement avec le déluge précédent. Ici, la musique évolue dans une nature idyllique, avec des bois prédominants. Les thèmes sont légers, énoncés à la clarinette ou le hautbois, avec le soutien des cordes. La teinte générale de cette ambiance est la légèreté, que Nielsen évoque parfaitement à renfort de pianissimo successifs.

  1. Poco adagio quasi andante

Contraste encore une fois pour ce mouvement lent. Alors que la clarinette énonce les derniers soupirs du mouvement précédent, les violons entonnent des cris stridents, fortissimo, dans le registre aigu. Puis, ils évoluent dans une longue plainte mélancolique, sous des battements de timbales. C’est là que s’installe à nouveau la tension dramatique, avec un discours serré, des harmonies fuyantes, une écriture en contrepoint…

  1. Allegro

Si le Finale démarre par une longue mélodie (aux violons), il est vite interrompu par des timbales, à la rythmique implacable. L’orchestre fait entendre des tritons, renforcés par le caractère menaçant des timbales.

 

Cette quatrième Symphonie suscite des critiques diverses. Certains y entendent des raids aériens sous les explosions orchestrales, d’autres évoquent une œuvre à la fois abstraite et à programme (sachant que les deux ne cohabite jamais bien ensemble). Une œuvre, donc, qui ne laisse pas l’auditeur indifférent car elle ne rencontre pas des rôles définis. Nielsen en a fait une performance de l’Inextinguible, parce que l’énergie qu’elle libère ne peut être maitrisée par ses frontières.

 

 

                                                                                                                                                                                                                                              

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